Rien n’est plus inspirant que la beauté du monde qui nous entoure. Les détails imparfaits d’une feuille, la façon dont la lumière danse sur le métal, l’éclat brut d’une pierre précieuse. Nous croyons que créer de la beauté, c’est être dignes de la beauté qui nous entoure. Respecter les matériaux, préserver le savoir-faire et penser de manière durable.
Notre engagement éthique n’est pas une contrainte ; c’est un choix évident. C’est ainsi que nous façonnons demain : en laissant la beauté de la nature nous guider, en en prenant soin et en veillant à ce que ce qui nous émeut aujourd’hui continue de créer des liens porteurs de sens demain. Cette conviction prend vie chaque jour dans les jardins de nos sites de production, grâce à Raoul, notre jardinier.
Le jardin est une toile vivante, où la créativité, la durabilité et la transmission prennent racine. Nous avons rencontré Raoul pour évoquer son parcours, sa philosophie du jardinage et ce qui rend un potager tout aussi beau et porteur de sens qu’un bijou.
Le jardinage demande de l’humilité, de la créativité et l’acceptation de l’échec avant de recommencer. Il doit refléter qui l’on est. Personnellement, je suis adepte du « jardinage punk ». Je ne crois pas au jardin dit « parfait ». Il n’y a pas de mauvaises herbes, seulement des plantes qui n’ont pas encore trouvé leur place. La nature n’aime pas le vide : tout a un rôle.
De ton point de vue, qu’apporte le potager à la vie de la manufacture ?
C’est bien plus qu’un simple décor. Je le vois dans le regard des gens chaque matin : beaucoup jettent un coup d’œil vers les plantes en arrivant. Nombreux sont ceux qui s’arrêtent pour discuter, poser des questions. C’est ainsi que naissent les liens. J’aime préparer des paniers variés pour les employés, souvent avec des légumes qu’ils n’ont jamais goûtés auparavant. Cela suscite des échanges, de la curiosité. Je peux partager des conseils, des recettes, et voir comment chacun se reconnecte au rythme de la nature.
Même pendant les pauses, j’observe des employés contempler le jardin depuis la terrasse, parfois simplement regarder. Ce moment de calme, de contemplation silencieuse, c’est cela la beauté. C’est pour cela que je fais ce métier.
Quel lien vois-tu entre ton métier et le travail des artisans joailliers ?
Nous transformons tous deux des matières brutes en quelque chose de porteur de sens. Le joaillier travaille les métaux précieux et les pierres ; moi, je travaille avec des graines, la terre et la lumière du soleil. Ces deux métiers exigent patience, précision et passion. Pour moi, une tomate arrivée à maturité est tout aussi précieuse qu’une création achevée en or.
Quelle est la partie du potager qui te plait le plus ?
Pour l’instant, le jardin est encore jeune. Pour
le moment je suis encore en phase d’appropriation de l’espace. Mais j’ai des rêves : une arche végétale à l’entrée, davantage de fleurs, un bassin pour favoriser la biodiversité, un espace de repos pour les employés, voire un chemin dessiné en écho au logo NH. Je veux que le jardin soit ouvert, paisible et plein de vie.
De ton point de vue, comment décrirais-tu la beauté d’un jardin ?
La beauté est subjective. Certains aiment les lignes nettes et le contrôle ; moi, je préfère quelque chose de brut, de sauvage, d’organique. Un lieu où la nature peut s’exprimer librement. Un jardin est une source de sérénité parce qu’il nous rappelle que nous faisons partie de quelque chose de plus grand. Être simplement au contact de la nature peut ralentir le rythme cardiaque, réduire le stress, stimuler la créativité. Mais il faut accepter de regarder, de s’arrêter, de ressentir.
Les mots de Raoul nous rappellent que la beauté n’est pas une question de perfection, mais de présence. La beauté prend racine dans le soin et la transmission. Qu’il s’agisse d’un bijou ou d’une poignée de terre, nous sommes inspirés par ce qui dure, ce qui grandit, ce qui nous relie.